Les Anishinabe outrés par l’acquittement de Gerald Stanley en Saskachewan

16 février 2018

Les Anishinabe de la région ont dénoncé l’acquittement de Gerald Stanley, le 9 février en Saskatchewan, à la suite d’un procès devant jury.

Le 9 août 2016, le jeune autochtone Colten Boushie a été abattu d’une balle dans la tête après que lui et des amis se soient introduits sur le terrain du fermier avec un véhicule endommagé et bruyant. L’histoire a été amplement relayée dans les médias. Aucun Autochtone ne siégeait sur le jury.

«En dépit du fait que plus de 150 000 personnes autochtones habitent la Saskatchewan et qu’elles représentent 16 % de la population de cette province, le fermier accusé de meurtre a été jugé devant un jury composé exclusivement de personnes de race blanche. Dès lors, nous savions que la balance de la justice pencherait du mauvais côté», ont dénoncé les sept chefs anishinabe, dans une lettre ouverte au premier ministre canadien Justin Trudeau.

Datée du 13 février, la lettre était signée par les chefs Adrienne Jérôme de Lac-Simon, David Kistabish de la Nation Abitibiwinni de Pikogan, Régis Penosway de Kitcisakik, Steeve Mathias de Long Point à Winneway, Jean-Guy Whiteduck de Kitigan Zibi en Outaouais, Lance Haymond de Kebaowek au Témiscamingue et par la grande chef du Conseil tribal de la Nation algonquine Anishinabe, Verna Polson. Ils ont réclamé que la cause soit portée en appel.

DOUBLE STANDARD

Les Anishinabe ont soutenu que la Commission Viens venait de confirmer la place peu enviable des Premiers Peuples au pays, comme l’avaient fait des commissions précédentes. «De combien d’autres commissions du genre aurons-nous besoin?», se sont-ils demandé.

«La mort inacceptable d’un jeune autochtone et, surtout, le fait que l’auteur de ce meurtre puisse s’en tirer sans aucune condamnation est l’exemple parfait du double standard de la justice et dans la société en général. Le verdict du jury vient reconnaître le droit de ce fermier d’abattre, volontairement ou par erreur, un jeune autochtone pourtant non armé», ont-ils dénoncé.

Les chefs ont aussi souligné le fait que les Autochtones étaient surreprésentés dans les prisons du Canada. Ils ont plaidé pour des mesures en vue d’améliorer les conditions économiques et sociales des Autochtones et pour le développement de meilleures relations entre la société canadienne et les Premiers Peuples

Les chefs ont ajouté qu’il fallait assurer la participation des Autochtones au sein des jurys, lors des procès impliquant des membres des Premières Nations, que ce soit aussi bien en tant que victimes ou qu’en tant qu’accusés.

 

Cliquez ici pour lire l'article intégral de Thierry de Noncourt de La Frontière (16 février 2018)

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