14Nov

La persévérance de Betty Brazeau récompensée

Première abitibienne à recevoir la bourse Maman va à l'école

14 novembre 2016

Betty Brazeau, une mère monoparentale de Pikogan qui a choisi de retourner aux études, a vu son engagement et ses efforts récompensés par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

 

La jeune femme de 27 ans est devenue la première Abitibienne et la deuxième femme autochtone à recevoir une bourse Maman va à l'école de 500 $. Celle-ci lui a été remise par la CSQ lors du congrès annuel du Syndicat de l'enseignement de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue, le 21 octobre, à Rouyn-Noranda.

Son histoire racontée dans une vidéo réalisée par Dany Germain pour la présenter a touché directement les congressistes au cœur, qui ont ajouté 561 $ de leur poche à la bourse. «Je suis très contente, c'est vraiment positif pour moi. J'étais très surprise aussi de l'argent recueilli sur place. C'était inattendu. Tout ça m'encourage à continuer», a confié la boursière, visiblement émue par cette générosité spontanée manifestée à son endroit.

«Betty Brazeau est un exemple dans la communauté autochtone où elle habite. Elle voudrait devenir travailleuse sociale et son engagement aura certainement un effet d'émulation dans la communauté. Son dossier était éloquent et c'est pourquoi elle a été choisie comme récipiendaire», a précisé Marie-Ève Imonti, attachée de presse à la CSQ.

mpliquée et travaillante

 

Un avis que partagent entièrement Claude Chicoine et Marilyne Faucher, qui lui enseignent au pavillon de Pikogan du Centre de formation Le Macadam et qui ont préparé son dossier de candidature. «Faire un retour aux études, ce n'est jamais quelque chose d'évident. Ce l'est encore moins quand ça implique de jeunes enfants pour une mère monoparentale», affirme la première, dans la vidéo réalisée pour présenter Betty Brazeau.

«C'est difficile et souvent, ça fait en sorte que les étudiantes vont lâcher. Quand on a entendu parler de la bourse, on a tout de suite pensé à Betty», renchérit la seconde.

«Betty est particulièrement persévérante. Elle a parcouru beaucoup de chemin depuis qu'elle est avec nous. Elle est présente, impliquée et travaille très fort en plus de s'occuper de ses deux garçons toute seule», poursuit Claude Chicoine.

«Elle est aussi un bel exemple pour ses gars. Elle leur montre que l'éducation, c'est important. Cette bourse est une belle reconnaissance pour elle», estime Marilyne Faucher.

 

Aider les autres

Betty Brazeau est la mère de deux garçons âgés respectivement de 7 et 8 ans. Elle a effectué un retour aux études en 2013, mais s'y consacre à temps plein depuis janvier dans le but d'obtenir son diplôme d'études secondaires d'ici juin. Mais là ne s'arrêtent pas ses ambitions.

«Je suis à Pikogan depuis 10 ans, mais je suis originaire de Lac-Simon. Tous les événements qui sont survenus depuis quelque temps là-bas m'attristent beaucoup. J'ai envie de les aider. Je me suis dit: pourquoi ne pas devenir travailleuse sociale? Je veux pouvoir soutenir ma communauté. J'aime aider les gens et plus spécifiquement, je veux pouvoir les guider sur le droit chemin. J'aimerais aussi montrer à mes enfants que c'est très important de terminer ses études», fait valoir dans la vidéo celle qui entend poursuivre ses études en travail social au niveau collégial à Rouyn-Noranda ou Val-d'Or.

Encourager la persévérance scolaire

Les bourses Maman va à l'école ont été mises sur pied par la CSQ afin d'encourager la persévérance scolaire, surtout chez les mères monoparentales qui n'ont pas de premier diplôme (études secondaires ou formation professionnelle), pour les encourager à obtenir une première qualification.

L'éducation des adultes à Pikogan

Betty Brazeau étudie aux adultes directement à Pikogan. Un partenariat entre le service de développement social, la Commission scolaire Harricana via le Centre de formation générale Le Macadam, Développement des ressources humaines Abitibi-Kitcisakik (un pendant d'Emploi-Québec en milieu autochtone), permet à une vingtaine d'élèves de recevoir une formation adaptée à leur culture, incluant des cours de langue algonquine.

 

Cliquez ici pour lire l'article intégral de Martin Guindon - L'Écho/Le Citoyen - 14 novembre 2016